LACHUTE - « Vingt ans après l’échec de l’accord du Lac Meech, le statut du Québec ne répond toujours pas aux aspirations de la nation québécoise. La porte est maintenant fermée à double tour pour le Québec ».
C’est en ces termes que s’est exprimé le député bloquiste d’Argenteuil-Papineau-Mirabel, Mario Laframboise, à l’occasion de la caravane estivale du Bloc Québec, qui s’est arrêtée à Lachute, ce jeudi. Les députés Carole Lavallée, représentant St-Bruno-L’Islet, de même que Roger Pomerleau, de Drummond, l’accompagnaient à cette occasion.
Cette tournée estivale se veut également un retour sur les 20 années de cette formation politique, qui est née des cendres de Meech. Une occasion de mettre de nouveau l’accent sur la pertinence du Bloc à Ottawa pour défendre convenablement des intérêts du Québec.
Les trois députés sont plus que jamais convaincus que la souveraineté constitue la seule avenue convenable pour le Québec, puisque le reste du Canada refuse toujours de reconnaître le statut du Québec et de l’enchâsser dans la constitution.
Exemples à l’appui, les trois députés rappellent qu’il est clair que la reconnaissance de la nation québécoise à la Chambre des communes ne s’accompagnera pas de mesures concrètes.
« L’un des piliers de l’identité québécoise, de la langue et de la citoyenneté, c’est la culture. Or, le Canada ne se gène pas pour intervenir selon ses humeurs dans la culture et les Québécois se font imposer des choix d’une majorité dont la réalité est différente que la leur, soutient Mme Lavallée. Le Québec réclame depuis longtemps sa souveraineté culturelle, mais la réponse d’Ottawa est non », ajoute-t-elle.
Sur le plan économique, le mépris du reste du Canada est similaire, selon M. Pomerleau. « Le fédéral refuse toujours de verser les 2,2 milliards de dollars qui reviennent au Québec pour l’harmonisation des taxes de vente. C’est assez d’argent pour payer 10 000 infirmières pendant un an », dit-il. Par ailleurs, le député rappelle que le mépris est le même quant à la volonté de créer une commission canadienne des valeurs mobilières, qui viendrait en quelque sorte couper l’herbe sous le pied de l’Autorité québécoise des marchés financiers.
Le Bloc québécois détient également les résultats d’un sondage qui démontre que sur toutes les questions chères aux Québécois, il existe une grande divergence d’opinion, qu’on se trouve de ce côté-ci ou de l’autre de la rivière des Outaouais.
Par exemple, à la question « Êtes-vous d’accord avec le principe que le Québec forme une nation? », une grande majorité de Québécois répondent oui, alors que 83 % des répondants du reste du pays se montrent en désaccord.
« Il existe encore un sentiment que le fédéralisme est renouvelable, mais c’est une grande illusion », croit M. Laframboise. Il soutient par ailleurs qu’il faut continuer le combat pour faire avancer l’idée de la souveraineté.
En ce qui concerne le travail de député en région, M. Laframboise affirme que le fait qu’il représente une formation souverainiste ne fait aucune différence. « Lorsque j’étais président de l’Union des municipalités du Québec, nous avons fait en sorte que les municipalités obtiennent de façon récurrente des fonds fédéraux, notamment grâce à la taxe sur l’essence. Ces montants sont connus d’avance et ne nécessitent plus d’intervention directe », dit-il.
Par ailleurs, il maintient sa position par rapport à la construction de l’autoroute 50, mentionnant que la moitié du coût des travaux résulte de son intervention. « M. Whissell est dans l’erreur, quand il dit que la 50 est financée exclusivement par le gouvernement provincial. Le gouvernement canadien participe pour la moitié, sauf que cette somme fait partie d’une enveloppe globale. Il n’est pas inscrit autoroute 50 sur le chèque ».
Le député d’Argenteuil, M. David Whissell, ne partage pas le même avis. « La construction de la 50 est une décision provinciale. C’est le gouvernement de M. Charest qui paie pour cette autoroute ». La seule somme d’argent provenant du fédéral totalise 38 M$ pour une section située dans la partie ouest, entre Thurso et Notre-Dame-du-Bon-Secours, en Outaouais. Le projet totalise 798 M$
Par ailleurs, M. Whissell soutient qu’il est possible de retracer chaque dollar investi par Ottawa sur le réseau autoroutier québécois. Il conclut qu’il serait bien surprenant d’assister à une injection supplémentaire de fonds fédéraux dans ce projet, puisque les sommes ont déjà été engagées par Québec.






